Yanis Kheloufi – Wello Magazine http://wellomag.com Le magazine qui te parle d'autre chose. Sat, 24 Dec 2016 20:59:15 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.7.3 Tiny Lens #2 : Ali Sabouki https://wellomag.github.io/tiny-lens-2-ali-sabouki/ https://wellomag.github.io/tiny-lens-2-ali-sabouki/#respond Sat, 20 Aug 2016 15:36:59 +0000 https://wellomag.github.io/?p=2149 Oublions notre ami aux 36 selfies/jour, notre collègue qui poste tous ses déjeuners mais pas le couscous du vendredi, ou encore celui qui prend en photo n’importe quoi en ajoutant #art… Faites place aux must-follow des internets ! On rêverait de les avoir en tableau dans notre salon. Déjà, parce qu’on s’en vanterai devant tout le monde, […]

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Oublions notre ami aux 36 selfies/jour, notre collègue qui poste tous ses déjeuners mais pas le couscous du vendredi, ou encore celui qui prend en photo n’importe quoi en ajoutant #art… Faites place aux must-follow des internets !

On rêverait de les avoir en tableau dans notre salon. Déjà, parce qu’on s’en vanterai devant tout le monde, et surtout parce que les portraits de l’iranien Ali Sabouki (@alisabouki) dégagent ce petit je-ne-sais-quoi qui nous laisse parfois figé en face d’une photographie, l’auscultant durant des heures sans savoir pourquoi.

Les postures, les regards, les expressions faciales, nous rappellent forcément les portraits de la renaissance italienne. Ali retrouve dans cet art un « travail sur la lumière, la composition et les couleurs très riche, original, pure et plein de mystèresChaque fois que l’on regarde une oeuvre de la renaissance italienne, elle nous fait réfléchir, et plus notre perception de l’oeuvre se construit, plus on est impressionné par elle. Alors peut-être que j’ai été influencé par l’art de la renaissance. »

Mais l’influence principale de ses créations reste la culture et l’art persan et oriental de manière générale.

Les âmes que capture Ali Sabouki, fragiles, vulnérables, parfois méprisantes, sont paradoxalement presque inexistantes, comme si que les personnes n’était plus vraiment là. Des photos sans âme, et pourtant débordantes d’émotion.

Ses portraits dégagent cette étrange atmosphère, à l’aspect très poétique, religieux, voire sensuel ou folklorique. « Je crois que l’homme moderne s’est beaucoup éloigné de sa réalité, contenant pureté et profondeur », raconte-il« Ce que j’essaie de faire en tant qu’artiste est de montrer une nouvelle perception de l’humain. Peut-être observer mes photos guidera les gens vers leur vraie réalité, leur faire avoir une meilleure perception de la vie. »

La magie de ses portraits est surtout le fruit du remarquable travail sur les mains. « On dit toujours que “les yeux ne mentent pas.” A mon avis, ce sont les mains qui ne mentent jamais. » Dans beaucoup de ses portraits, les mains ont une représentation certaine et suggèrent un message particulier. « Si vous jetez un œil à l’histoire de l’humanité, vous verrez que les mains ont toujours joué un rôle très important dans l’art et essentiellement dans les rituels de toutes les religions. Comme si que les mains étaient fortement liées à la spiritualité et la théologie. »

« Je pense que les formes de la main ont un sens profond en eux-mêmes et ils sont souvent plus importants que les visages. »

Les projets du jeune chauve à la barbe douce sont à découvrir et à suivre sur son site et Instagram.

Très similaire dans le style, s’éloignant parfois du portrait sans pour autant en être moins impressionnante, Sedre Yari (@sedre.yari), photographe iranienne, est elle aussi une must-follow avec ses scènes angéliques et ses petites séquences vidéo contemplatives.

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Tiny Lens #1 : Hayv Kahraman https://wellomag.github.io/tiny-lens-1-hayv-kahraman/ https://wellomag.github.io/tiny-lens-1-hayv-kahraman/#respond Sat, 19 Mar 2016 11:50:28 +0000 https://wellomag.github.io/?p=1847 Oublions notre ami aux 36 selfies/jour, notre collègue qui poste tous ses déjeuners mais pas le couscous du vendredi, ou encore celui qui prend en photo n’importe quoi en ajoutant #art… Faites place aux must-follow des internets ! Postures étranges, peau blanche, petites mains, paupières lourdes, regards mélancoliques, bouches fermées, longs cous et cheveux sous forme de […]

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Oublions notre ami aux 36 selfies/jour, notre collègue qui poste tous ses déjeuners mais pas le couscous du vendredi, ou encore celui qui prend en photo n’importe quoi en ajoutant #art… Faites place aux must-follow des internets !

Postures étranges, peau blanche, petites mains, paupières lourdes, regards mélancoliques, bouches fermées, longs cous et cheveux sous forme de masses noires, telles un large déversement d’encre. En somme, c’est à ça que ressemblent la plupart des femmes peintes par l’irakienne Hayv Kahraman.

Ayant plusieurs projets tout aussi fascinants et profonds les uns que les autres, il est impossible de tout résumer en un seul compte Instagram, encore moins en une photo de profil illustrant deux jolies couilles pendouillantes. Oui, c’est vrai. Son compte regorge de détails de ses tableaux, de croquis et de photos de son processus de création, mettant le doigt sur certains aspects -techniques et esthétiques- qu’on ne verrait pas au premier coup d’œil.

Tiny Lens 1 - Hayv Kahraman2Ses œuvres, très personnelles, racontent le quotidien oppressant des femmes en Irak et au Moyen-Orient, sujettes aux violences, persécutions et parfois poussées au suicide ou à l’immolation. Mais elles parlent aussi de son quotidien à elle et de son histoire en tant que réfugiée et exilée, de la guerre contre un pays où elle ira vivre 20 ans plus tard et de son identité de plus-si-irakienne-que-ça.

On reconnaît à travers les traits des femmes de Hayv, fragiles, belles et délicates, l’influence des miniatures persanes et soufies, les traditions esthétiques de l’art islamique, de l’art nouveau et de la renaissance italienne. Oui elle pèse dans le game. Les caractéristique de ses peintures, comme décrit en introduction de l’article, rappellent aussi les dessins japonais de l’ukiyo-e, mouvement artistique qui a vu grandir Hokusai (mais si, celui qui a dessiné la grande vague là, le mec qui a inventé le mot « manga », c’est lui !), où l’on retrouve des visages et postures aux formes similaires.Tiny Lens 1 - Hayv Kahraman4

Dans son dernier projet « How Iraqi are you? », toutes les figures féminines sont des extensions d’images de son propre corps qu’elle a elle-même photographié. Un projet basé sur les Maqamat (ou Séances) du savant et écrivain arabe Al Hariri (1054-1122) sur le quotidien des irakien de ce temps.

Le format des Tiny Lens ne me permettant pas de m’étendre trop sur ses travaux, au risque de vous faire chier. Voici donc une sélection de ses plus beaux posts. Instagram only.

Les nombreux autres projets de Hayv Kahraman sont à découvrir sur son site.

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Fenêtre sur Court #1: Takeaway Scenes https://wellomag.github.io/fenetre-sur-court-1-takeaway-scenes/ https://wellomag.github.io/fenetre-sur-court-1-takeaway-scenes/#respond Fri, 11 Mar 2016 15:06:20 +0000 https://wellomag.github.io/?p=822 Comme son nom l’indique, ce concept nous fera découvrir à chaque article un court-métrage (ou plus!) qu’on a kiffé, tout en références et analyses foireuses. “Créer sans demander, le faire sans faire crédit, guider sans interférer, ceci est la vertu originelle.” Ce sont les quatre règles qui définissent le mystérieux projet de courts-métrages, Takeaway Scenes. On […]

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Comme son nom l’indique, ce concept nous fera découvrir à chaque article un court-métrage (ou plus!) qu’on a kiffé, tout en références et analyses foireuses.

“Créer sans demander, le faire sans faire crédit, guider sans interférer, ceci est la vertu originelle.”

Ce sont les quatre règles qui définissent le mystérieux projet de courts-métrages, Takeaway Scenes. On n’a pas tout compris mais le résultat est extra… allons voir tout ça.

Le concept

Une « takeaway scene » est un court-métrage composé d’une seule scène filmée sans cut, sans générique, sans crédits de fin et dont les acteurs et techniciens sont anonymes. Chaque court-métrage ne doit contenir que 2 à 5 acteurs, être adapté d’une pièce de théâtre ou d’un scénario original, tourné à la lumière naturelle, sans aucune musique ou fond sonore et avec une dernière règle assez particulière : les acteurs doivent écrire eux-mêmes l’histoire de leur personnage.

Le concept est pour le moins original, pertinent et encourage la création (sans gros moyens techniques) et ajoute en revanche des contraintes pour créer un certain sentiment de défi à relever. Cependant, nous n’en savons pas plus et le projet reste tout de même très mystérieux. Presque aussi mystérieux qu’un petit pois dans un ascenseur. Non non je l’assume celle-là.

Le fait de réaliser la scène (longue de 7 à 13 minutes et donc pas facile à réaliser) en un seul plan séquence, met l’accent sur le processus de répétition (du jeu des acteurs), l’exploration de leur personnage et la création d’un environnement sûr consacré, surtout, aux acteurs. Peut-être là une évolution du concept du 4ème mur ? Non, je ne dis pas ça que pour vous renvoyer à mon article, non…

Je n’exagérerais pas en vous disant que chacun des sept Takeaway Scenes m’a laissé à la fin de ceux-là, circonspect. Oui, cir-cons-pet. Parfois avec humour et souvent avec émotion. Le projet est à mon sens du concentré de génie, pour l’effort, l’originalité et la qualité de ce qui en résulte.

Bouquet

Leur premier court-métrage, Bouquet, met en scène la désillusion d’une jeune femme ayant récupéré le bouquet de la mariée au retour du mariage de sa sœur, quand son petit-ami lui prépare une surprise pour le moins maladroite. La femme, troublée, et l’homme, hésitant et confus, nous offrent une magnifique scène de couple et huit minutes d’acting sublime mené par des dialogues excellemment bien écrits. Une scène « lâchement » interprétée de la pièce All Aboard the Marriage Hearse, ainsi décrite sur la description de la vidéo.

 

Jumpers

La cinquième takeaway scene réalisée, Jumpers (en cover de l’article), est plus sobre que les autres et très conceptuelle, et sans doute la plus intéressante et pertinente cinématographiquement parlant, mais surtout, la plus agréable à regarder.

Le court-métrage traite de deux sujets, aujourd’hui encore, sensibles et tabous (les dévoiler serait du spoil donc shuut.) et la réalisation ainsi que le travail sur la photographie, entre autre du fait qu’ils soient minimalistiquement sublimes, ne sont pas anodins. Nous découvrons les deux protagonistes (ou leurs ombres) d’abord en plan large. Assez large et les ombres assez noires pour nous rappeler qu’on ne sait rien d’eux et qu’on n’a encore aucune idée de pourquoi ils s’engueulent. Le tout avec des feux d’artifices en fond (sonore et lumière). Les couleurs des explosions contrastent avec les ombres et sont là pour peut-être accentuer la frustration du jeune quant au sujet tabou cité plus haut. Au fil et à mesure que l’on découvre les personnages, les plans deviennent plus serrés, les ombres moins obscures et les couleurs plus discrètes.

Autres Takeaway Scenes

Sur les sept takeaway scenes réalisées jusque-là, le jeu des acteurs est très juste voire même excellent parfois, on leur pardonnera certaines lignes maladroites mais ces courts-métrages étant des interprétations de scènes tirées de pièces de théâtre, on se dit que ses acteurs y sont peut-être habitués.

Les mouvements de caméra, particulièrement dans Bouquet et Motherfucker, sont très doux et maîtrisés et nous plongent en réelle immersion dans la scène. Celle dans Motherfucker, d’une intensité rare est peut-être la scène la mieux jouée tellement les acteurs sont justes, avec un ratio de fuck à la minute assez conséquent. Tony Montana en serait fier.

Dans Saints, très différent des trois autres court-métrages, on est (encore) bercé par la justesse des acteurs, des dialogues et surtout, par la sensibilité et la vulnérabilité des personnages. Des personnages toujours très travaillés et atypiques, et souvent, on retrouve cette vulnérabilité qui lie certains d’entre eux. Saint est de loin mon court-métrage préféré, minimaliste, lent et émotionnellement très intense. Juste beau.

Principles :
I . Honesty is king.
II . Perfection does not exist. There is only experimentation.
III . There are no schedules, regular events, or deadlines. There are only scenes, and the people crazy enough to make them.

 

Les autres courts-métrages sont à découvrir ici (vas-y clique-moi wesh !).

 

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Tea-V Time #2: And Then There Were None  https://wellomag.github.io/tea-v-time-2-and-then-there-were-none/ https://wellomag.github.io/tea-v-time-2-and-then-there-were-none/#respond Sat, 05 Mar 2016 09:59:55 +0000 https://wellomag.github.io/?p=1657 Les british sont les meilleurs. Que les fans de Sherlock et autres Whovian nous laissent tranquilles, ici on parlera des autres must-see du petit-écran anglais : séries, mini-séries ou téléfilms, nouveautés ou valeurs sûres. Produite par la BBC à l’occasion du 125ème anniversaire de la naissance d’Agatha Christie, And Then There Were None est l’adaptation de […]

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Les british sont les meilleurs. Que les fans de Sherlock et autres Whovian nous laissent tranquilles, ici on parlera des autres must-see du petit-écran anglais : séries, mini-séries ou téléfilms, nouveautés ou valeurs sûres.

Produite par la BBC à l’occasion du 125ème anniversaire de la naissance d’Agatha Christie, And Then There Were None est l’adaptation de son roman le plus célèbre, Les Dix Petits Nègres.

Synopsis: Rapidement, c’est l’histoire de 10 personnes qui se retrouvent seules sur une île, invitées par un mystérieux et inconnu A.N. Owen, l’hôte de la maison dans laquelle, un à un, ils crèveront comme des petites merdouilles.

C’était le synopsis simplifié.

andthenthere

Nègre n°3 : Pourquoi tu penses qu’il nous a tous réunis dans cette maison, comme ça ?

Nègre n°1 : Aucune idée…

Nègre n°7 : Je pense qu’il essaie de faire une mise en abyme.

Nègre n°5 : Putain encore !

Nègre n°7 : Mais là il a pas bien compris l’histoire en fait.

Nègre n°2 : Et pourquoi il a pris que des blacks ?

Nègre n°10 : Il a dit qu’il avait rien bidé au principe, t’es sourd ?!

Nègre n°1 : Hé, calmez-vous là. Z’allez pas commencer…

Nègre n°10 : Bon déjà personne t’a sonné, tu vas lais-

Nègre n°8 : Oh mais vos gueules enfin ! Et l’autre qui ne sait plus comment enchaîner…

Nègre n°4 : Tous aussi stupides. Au moins, il essaie des trucs. Et puis, même s’il a mal compris le titre, il sait compter. C’est déjà ça.

Nègre n°6 : Ah ouais ?

Nègre n°9 : Ouais.

Nègre n°3 : Bon c’est pas ça mais est-ce qu’à un moment il va nous expliquer ce qu’on fout là ? Parce qu’avec cette intro interminable…

Nègre n°7 : C’est le 125ème anniversaire d’Agatha Christie et BBC a sorti du lourd.

Nègre n°2 : Ah, je l’aime pas du tout elle. J’ai lu son livre le plus connu là, ça m’a rappelé des trucs… Trop gênant sérieux.

Nègre n°3 : S’il fait ça, c’est parce qu’il a aimé, vous pensez ?

Nègre n°5 : J’espère pas ! Il parle que de ses kiffes… aucune critique ce mec.

Nègre n°10 : Moi je dis que s’il nous a enfermés tous comme ça, et avec vous, il doit pas trop nous blairer !

Nègre n°9 : Ouais.

Nègre n°6 : Hé mais il est où le n° quat- ah t’étais là mdr.

TVT 2 - And then there were none1

Nègre n°7 : Le connaissant, il a dû aimer la réalisation. Même s’il aime pas trop les polars, ce truc envoie grave. C’est hyper moderne, les plans sont sublimes, pis ces couleurs marécageuses donnent à l’ambiance déjà froide comme une noirceur angoissante et une atmosphère transcendante.

Nègre n°2 : ça t’a pas rappelé Shutter Island au début ? Moi si lol.

Nègre n°4 : j’ai direct fait le rapprochement avec SAW, même si ça n’a rien d’une série d’horreur.

Nègre n°6 : Les mecs, où est n°10 ?

Nègre n°4 : Vais le chercher.

Nègre n°8 : Il a peut-être aimé l’adaptation mais j’suis sûr qu’il a pas lu le livre.

Nègre n°1 : ça doit être pour ça qu’il a kiffé. Comme il connaît pas l’histoire, le suspense est resté complet. (Ouais je l’ai pas lu non plus hihi.)

Nègre n°8 : Moi je l’ai lu mais ça m’a rien gâché. Y a quelques éléments qui diffèrent, mais ça reste intéressant de voir comment l’œuvre est revisitée, modernisée peut-être, tout en y restant fidèle.

Nègre n°7 : J’en connais à qui ça a pris moins de temps de le lire que de regarder la série.

Nègre n°5 : Elle dure combien ?

Nègre n°2 : Heu… 3 heures. Enfin, 3 épisodes d’une heure lol.

Nègre n°1 : C’est une mini-série.

Nègre n°9 : Ouais.

Nègre n°6 : Hé, c’est le n°3 qui est allé chercher le n°10 ? Je pensais que c’était le n°4…

Nègre n°1 : Je crois qu’il est parti faire pipi.

Nègre n°7 : Non mais ça aurait pu durer 15 heures, il les aurait enfilé l’un après l’autre les épisodes. T’as vu le casting de ouf ? Chaque perso est ultra bien amené, et les interprétations sont toutes aussi justes. Je pense que c’est le point fort de cette série.

Nègre n°8 : Y a Tywin Lannister, le bogoss dans Le Hobbit et fucking Sam Neil de Jurassic Park !

Nègre n°5 : Et la bombasse putain ?! T’as vu son cul ?! Wooooh !

Nègre n°6 : T’as pas envie de chercher les autres toi aussi ?

Nègre n°5 : T’as raison, j’y vais, c’est relou ici.

Nègre n°9 : Ouais.

Nègre n°8 : Sinon, je pense pas que l’acting soit le seul point fort de la série. L’écriture aussi est impeccable. Et l’œuvre ne se résume pas qu’à un simple huis-clos sanglant, c’est une étude sombre et complexe de la justice, dans une ambiance post-première guerre, aux portes de la seconde. C’est aussi le portrait de personnes rongées par les tourments et la culpabilité, devenues malgré elles les objets d’un jeu extrême, entre perversité et justice, à la limite de l’expérience sociale et psychiatrique.

Nègre n°7 : Heu… d’accord…

Nègre n°1 : Tu trouves pas comment surenchérir, n°7 ?

Nègre n°7 : Pff.

Montages6

Nègre n°2 : Moi j’ai trouvé l’intrigue sympa lol. J’avais aucune idée de la fin sérieux mdr. C’était hyper intense, le rythme était délicat, fallait pas qu’un truc vienne le casser, c’est pour ça que les persos sont aussi soignés à mon avis.

Nègre n°8 : Depuis quand t’as un avis toi ?

Nègre n°7 : Mouais, j’suis pas d’accord.

Nègre n°1 : ça m’étonne pas… monsieur n°7 veut tout intellectualiser.

Nègre n°8 : J’aurais pas cru dire ça un jour, mais je suis d’accord avec n°2.

Nègre n°2 : Wah trop cooool héhé !

Nègre n°8 : Ça en est presque sadique tellement le suspense est insoutenable, étouffant, perso j’ai voulu accélérer pour en finir…

Nègre n°1 : Pourquoi tu l’as vu en streaming ?

Nègre n°8 : Bah quoi, l’autre là aussi il l’a vu illégalement !

Nègre n°1 : Ouh, tu balances la mauvaise personne. Tu seras le prochain à crever, toi.

Nègre n°8 : Ouais, ouais c’est ça… Sinon, Mr. Intellectuel, qu’est-ce t’as pas aimé toi ?

Nègre n°7 : Les flash-back. Je comprends qu’on les ait ajoutés (par rapport au livre) pour humaniser peut-être plus les personnages mais ça cassait un peu l’immersion… et je pense qu’il est de mon avis l’autre.

Nègre n°1 : Ah oui, j’oubliais qu’il s’agissait de son article.

Nègre n°9 : Ouais.

Nègre n°2 : J’ai rien compris à ce que vous dites. Par contre j’suis le seul à avoir aimé le générique ? Comment c’était beauuu… on aurait dit un vrai !

Nègre n°1 : Hé l’auteur, tu peux pas le tuer celui-là stp ?

Nègre n°6 : Les gars, vous avez remarqué que tout le monde nous lâche là ? n°8 a disparu lui aussi.

Nègre n°1 : J’vous l’avais dit.

Nègre n°2 : Qui a lâché quoi ? Si ça commence à péter je me casse moi !

Nègre n°6 : Hé non revie-… quel con !

Nègre n°1 : En fait il a raison, j’ai mangé des pois-chiches ‘tta l’heure.

Nègre n°6 : Ohhh putain dégage !

Nègre n°1 : Oulah je vois que monsieur n’aime pas les pets. Excusez-moi… Je m’en vais.

Nègre n°7 : Il fait son George R.R. Martin l’autre ou quoi ?

Nègre n°6 : C’est pas drôle. Déjà que j’ai trouvé la série un peu glauque… c’était plus noir que le roman.

Nègre n°7 : Tu déconnes ? C’est ça qu’est bien. Oscillant tout en lenteur entre polar et thriller, et puis cette tension de plus en plus pesante jusqu’à ce finale…

Nègre n°6 : Bon tu me fais peur, je vais voir où les autres se cachent…

Nègre n°7 : Hah. Ouais vas-y. De toute façon, je suis le seul à coller à l’avis de l’auteur de cet article à la con. Si on peut encore l’appeler article. Et puis m’en fous de penser comme lui ou d’être pertinent. J’ai kiffé ma race pis c’est tout. Cette série, s’il fallait la résumer en un seul mot, un seul, et je suis sûr que même cet autre con pourra pas trouver mieux, c’est que mê-

Nègre n°9 : Ouais.

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L’extrême beauté de la recherche du silence https://wellomag.github.io/pursuit-of-silence/ https://wellomag.github.io/pursuit-of-silence/#respond Thu, 29 Oct 2015 17:41:59 +0000 https://wellomag.github.io/?p=437 Si toi aussi tu ne trouves, voire ne contemples le silence que très peu en ces temps de constantes cacophonies, tu vas aimer ce projet. Entièrement financé par les internautes, ce projet de crowdfunding (financement participatif) pour la réalisation-production d’un film-documentaire, appelé In Pursuit of Silence. Débuté en février 2013, le projet a depuis été […]

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Si toi aussi tu ne trouves, voire ne contemples le silence que très peu en ces temps de constantes cacophonies, tu vas aimer ce projet. Entièrement financé par les internautes, ce projet de crowdfunding (financement participatif) pour la réalisation-production d’un film-documentaire, appelé In Pursuit of Silence.

Débuté en février 2013, le projet a depuis été entièrement financé par les internautes et devrait s’achever ces prochains mois. Les adeptes de vidéos ASMR ou ceux qui, pour réviser, écoutent le son de la pluie ou de la mer pour mieux se concentrer (car oui ça existe), trouveront dans ce film une merveille de cinématographie contemplative et des eargasms à souhait.

Un film sur notre relation avec le son

In Pursuit of Silence se veut être un film méditatif sur le rôle du silence dans nos vies, sur notre relation avec les sons et les conséquences néfastes qu’ils peuvent avoir sur nous, dans un monde de plus en plus bruyant, dans un monde où notre course vers la modernité, au milieu de toute l’innovation technologique et la croissance rapide de nos villes, effaçant de plus en plus le silence de nos vies. « Le silence est en train de devenir une légende. » Et de fait, nous avons du mal à nous entendre penser, imaginer, et nous connecter avec autrui.

 

« Silence is a sound and I think it’s a sound with many qualities. It allows us to be much more balanced in the way we relate to the world, much more conscious. »

Le réalisateur et initiateur du projet, Patrick Shen (à qui l’on doit quelques excellents documentaires plus ou moins trouvables sur le net), a fait le tour du monde durant 3 ans, passant par plus d’une douzaine de villes (Tokyo, Londres, Shenzhen, etc.) sur les traces de ces personnes qui cherchent désespéramment à trouver le silence.

En faisant ce film, j’ai appris que le silence est plusieurs choses. Il est l’espace entre les mots que nous prononçons, l’apaisement de nos esprits, il est le son que les feuilles des arbres font dans le vent, l’absence de bruit ou même un état d’esprit.

 

Comment faire un film sur le silence

Des traditions monastiques des religions du monde à la pratique universelle de la «minute de silence» comme acte de deuil, l’humanité a eu une longue fascination pour le silence. Et ce film est là pour nous le rappeler. Usant de longues et lentes scènes contemplatives, de plans inspirant la réflexion, la méditation, dans le but de nous faire interagir avec le film, avec le silence, avec le son.

On entend souvent dire que le travail du silence dans une œuvre cinématographique peut aussi bien être grandiose que terriblement ennuyant. Et rien qu’en vivant –car chaque morceau de ce film est une réelle expérience- la bande annonce, on ressent ce quelque chose de magique, ce quelque chose qui nous emporte loin, loin de ce constant vacarme qui nous entoure, et ce, à travers des témoignages et des histoires intimes sur les gens, leur quête de silence, et leur relation avec le son, « lire l’essence intérieure d’un paysage » comme dirait Herzog.

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“Un tableau vide est plein.” – Robert Rauschenberg, peintre.

 

“Comme il n’y a pas de véritable silence, le silence contient tous les sons, tous les mots, toutes les langues, toutes connaissances, tous souvenirs.” – Dejan Stojanović, poète.

 

“La véritable musique est le silence et toutes les notes ne font qu’encadrer ce silence.” – Miles Davis, trompettiste de jazz.

 

“La chose la plus difficile à faire est quelque chose qui tend à ne rien faire.” – Marina Abramović, artiste.

 

 

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« Are you talkin’ to me? » Le cinéma défonce le 4ème mur https://wellomag.github.io/dossier-4e-mur/ https://wellomag.github.io/dossier-4e-mur/#comments Sat, 17 Oct 2015 17:38:33 +0000 https://wellomag.github.io/?p=479 Le quatrième mur a plus d’une définition et plus d’une fonction. Certains acteurs s’en servent, d’autres tentent de le péter, avec plus ou moins de réussite, les bougres. Dans cet article, nous comprendront ce qu’est et à quoi sert le (bris du) quatrième mur, au cinéma et dans la pop culture.   Commençons par une note […]

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Le quatrième mur a plus d’une définition et plus d’une fonction. Certains acteurs s’en servent, d’autres tentent de le péter, avec plus ou moins de réussite, les bougres. Dans cet article, nous comprendront ce qu’est et à quoi sert le (bris du) quatrième mur, au cinéma et dans la pop culture.

 

Toi aussi, apprends les origines du 4ème mur

Commençons par une note d’histoire et éloignons-nous du cinéma un moment pour aller s’intéresser d’abord au théâtre, à la dramaturgie et à certains aspects techniques, histoire de pouvoir se la péter avec les potes en soirée. Si tu n’aimes pas ce qui est histoire ou que tu n’as pas d’amis pour les éclabousser de ton savoir, tu peux passer la partie chiante et descendre jusqu’à ce que tu voies un babouin en bonnet à motifs dansant le carioca.

Le terme de quatrième mur est né au théâtre. Au XVIIème siècle, on s’interroge sur les mutations du théâtre contemporain et notamment sur la manière dont la tragédie et la comédie peuvent emprunter l’un à l’autre. Pour susciter l’émotion du spectateur, il faudrait à la fois de cette distance imposée par la tragédie ancienne et de cette proximité privilégiée par la comédie. Pour favoriser le rapprochement entre le spectateur et la représentation, on commence à s’intéresser au réalisme, pour être au plus proche d’une représentation de la vie. C’est ainsi que naît la notion de quatrième mur, qui doit avoir pour effet de provoquer l’émotion du spectateur en le séparant, paradoxalement, de la scène. – Sarah Beaulieu, métafictions.fr

Le terme de « Quatrième mur » est inventé par Denis Diderot, grand philosophe, écrivain et critique d’art du XVIIIème siècle. Dix-huit, c’est le 18e siècle ça. Et c’est entre 1700 et 1799. Sait-on jamais. Il définit le quatrième mur ainsi : « Dans la représentation dramatique, il s’agit non plus du spectateur que s’il n’existait pas ». Oui c’est très hype. Il la retouche ensuite, de manière plus explicite, par ce conseil destiné à l’acteur :

« Imaginez, sur le bord du théâtre, un grand mur qui vous sépare du parterre ; jouez comme si la toile ne se levait pas. »

58947Pierrot le fou (Jean-Luc Godard, 1965)

 

Distance entre spectateur et représentation

Le quatrième mur est donc un concept pour créer une sorte de barrière virtuelle entre l’acteur et le spectateur, de telle sorte que les comédiens puissent jouer sans se soucier du public comme s’ils étaient seuls sur scène. Ce qui poussait parfois les acteurs à jouer dos au public, par exemple.

Par contre, tout le monde ne le voyait pas de ce point de vue là. D’autres dramaturges et metteurs-en-scène comme Bertolt Brecht (1898-1956), pensaient que le quatrième mur sert à « prendre ses distances par rapport à la réalité », interdisant à l’acteur l’identification à son personnage. Ceci a pour objectif de produire l’effet inverse sur le public. Ce dernier prendra ses distances, par rapport au personnage (à la fiction) et non aux acteurs, le renvoyant à sa condition de spectateur (ou de lecteur dans la littérature). Dans ses pièces de théâtre et ses mises en scène (à Brecht), l’acteur doit donc plus raconter qu’incarner, susciter la réflexion et le jugement plus que l’identification. Dans un certain sens, il y a ici un double quatrième mur. Le premier entre le spectateur et l’acteur, puisque le but est que ce dernier suscite chez le spectateur la réflexion et non l’identification. Sans me répéter hein. Le second entre l’acteur et le personnage qu’il incarne car il ne doit pas s’y identifier. C’est le principe de distanciation (avec l’accent espagnol c’est plus rigolo).

Mais initialement, le principe du quatrième mur est le fait d’aider l’acteur à entrer dans son personnage pour que le spectateur puisse mieux s’identifier à lui. Le concept de distanciation brise cette identification et brise donc, le quatrième mur. Tu la vois, la transition de folie ?

The Big Lebowski (Joel & Ethan Coen, 1998)

 

Viens, on va casser du 4ème mur

Bon, maintenant que vous avez assez d’informations pour blablater durant tout un dîner, passons aux diverses utilisations du pétage de quatrième mur.

J’aurais bien voulu vous faire une jolie intro écrite mais un jeune fan de My Little Poney sur le forum MyLittlePoneyFictions l’a fait, excellemment bien, d’ailleurs je vous conseille et vous invite à lire cette petite fiction qu’on peut télécharger ici, c’est très drôle et ça explique très bien comment « briser le quatrième mur » dans la littérature.

Ce concept de métafiction qu’est de « briser le quatrième mur » est le fait qu’une œuvre ou qu’un personnage sorte du contexte fictionnel (qu’il devienne conscient qu’il n’est que fiction) pour venir s’adresser au spectateur ou au lecteur ou alors lui rappeler de quelque manière qui soit qu’il est en train de regarder ou lire une œuvre fictionnelle.

Le bris (parce qu’on dit bris, oui) du quatrième mur a moult formes/facettes et utilisations. Le plus souvent il est mis-en-scène de manière humoristique pour ajouter de la légèreté à l’œuvre (Ferris Bueller, Top Secret). Mais beaucoup de réalisateurs en ont usé plus subtilement et très intelligemment pour servir le propos de leur film. Avec plus ou moins de succès.

Le Funny Games d’Haneke en est le parfait exemple. Beaucoup lui reprochent justement sa présence et le fait qu’il casse l’immersion du spectateur mais en fait, que nenni! Non seulement l’action de briser le mur sert l’histoire, mais elle permet d’impliquer directement le spectateur en le plongeant émotionnellement dans les moments les plus intenses du film (le rendant aussi complice ?) tout en lui faisant un joli doigt d’honneur à la fin de ceux-là. Haneke l’utilise tellement pertinemment qu’il en devient essentiel dans la construction du film. Il n’aurait pas fonctionné sans bris du quatrième mur et c’est ce qui en fait une de ses utilisations les plus pertinentes et « percutantes » du cinéma.

D’autres l’utilisent de manière franche et directe et un peu rentre-dedans, comme dans Annie Hall (1977) de Woody Allen où lui-même nous interpelle pour nous faire part de son agacement dans plusieurs situations. Il récidive avec Whatever Works (2009) où Larry David commente certaines actions du film et parle ouvertement du public dans la salle de cinéma. Parfois c’est à la place du narrateur que l’acteur principal prend la parole comme DiCaprio dans The Wolf of Wall-Street (2013).

Mais défoncer le quatrième mur, comme dit plus haut, est une sorte de distanciation, elle empêche au spectateur l’identification et parfois l’immersion dans le film voire même de ne plus ressentir d’empathie pour le personnage. Et bah en fait, ce n’est pas toujours le cas. Parfois, son utilisation renforce le sentiment d’empathie et/ou l’identification et/ou l’immersion. Oui m’dame, ou ‘msieu. Ou petit elfe de Birmanie équatorienne.

Et pour reprendre le dernier cité, plusieurs films, avant générique de début, défonce sa mère la chienne au quatrième mur pour « présenter » le film, histoire d’introduire le récit qui va suivre. Le trou (1960) de Jacques Becker en est un bon exemple, Jean Keraudy qui joue le rôle de Roland Darbant introduit le film disant que celui-ci racontera son histoire car lui-même était réellement impliqué dans une tentative d’évasion 15 ans plus tôt, tout cela donna comme résultat le film français préféré de Yanis Kheloufi si ce n’est le meilleur du cinéma français. Même chose dans Bronson (2008) de Nicolas Winding Refn, Tom Hardy qui joue Charles Bronson. Une des utilisations les plus intéressantes dans ce cas-là est celle de l’un des meilleurs films de Tim Burton, Ed Wood (1994) dont on vous parlait ici. Au début du film, le personnage de Criswell joue son rôle de présentateur -ce que le « vrai » Criswell était effectivement- et présente la fiction dans laquelle il sera lui-même personnage (Jeffrey Jones).

Une mise en abyme à la fois esthétique et narrative, qui a le mérite de présenter l’univers d’Ed Wood (et de Tim Burton…) en une minute, tout en introduisant le récit comme un conte. Nous reconnaissons les codes du conte de fées (« il était une fois… »), mais également ceux de la présentation de programmes auxquels la télévision nous a rapidement habitués. – Sarah Beaulieu, métafictions.fr

 

Ils le défoncent n’importe comment meskin, mais c’est cool.

Outre les personnages qui s’adressent directement à nous, certains quatrièmes murs sont brisés de manière plus subtile, plus habile, je dirais même plus rusée. En effet, on peut parfois le briser sans que le spectateur s’en rende compte. Tout est dans les petits détails… Cela peut être une référence, comme dans Die Hard 2 (1990) quand Bruce Willis pense tout haut « I can’t fucking beleive this. How can the same shit happen to the same guy twice?! », ou une phrase prononcée dans laquelle on parle soit d’un acteur qui a un rôle dans ce même film ou alors parler du créateur/réalisateur, comme dans les Simpsons, qui brisent ce putain de quatrième mur magistralement. Une beauté.

simpsons

Toujours dans le subtil et dans le détail, Fight Club (1999) est surtout connu pour la scène où Edward Norton s’adresse au spectateur pour lui expliquer ce que fait Tyler Durden, mais on y voit surtout ce même Tyler montrer du doigt à l’écran la marque destinée au projectionniste du cinéma. Scène non moins connue, mais en soi (et sans l’intervention de Norton), est un bris du quatrième mur et un très joli, de surcroît.

Mais souvent, les personnages ne parlent pas directement à la caméra, ils ne font que la regarder et parfois il y résulte de très jolis 4th wall breaking. Et les regards-caméra, il y en a beaucoup (à l’exception de l’effet de la caméra subjective dans les dialogues). On peut citer Into The Wild (2008) où Emile Hirsch fait une grimace à la caméra alors qu’il mangeait sa pomme, ou le regard glaçant au tout début de Orange Mécanique (1984) et j’en passe et des meilleurs. Mais mon préféré reste celui dans Death Proof (2008) quand Stuntman Mike, avant d’offrir à la fille un lift dans sa voiture, prend une pause et bam! Il nous lance ce regard vicieux. Un regard qui nous rendrait presque coupable, car il nous fait dire « Merde, il va la tuer et il sait que je le sais. » et c’est magnifiquement bien fait !

Parfois moins subtil mais toujours sans s’adresser à la caméra. Dans Le Retour des tomates tueuses (1988) avec George Clooney, à un moment la scène s’arrête et la caméra se retourne pour nous montrer le réalisateur qui stoppe le tournage car il n’y plus d’argent dans les caisses. L’acteur principal, Clooney, propose de faire du placement de produit. Dans la scène suivante, on le voit faire la publicité d’une marque de soda. Pour ne pas dire Pepsi.

Toujours dans le bris du mur et là, au sens propre du terme. Dans Le shérif est en prison (Blazing Saddles) (1974), lors d’une bataille entre des hors-la-loi et des habitants de Rock Ridge, ces derniers quittent le studio de Warner Bros et font irruption dans un plateau de tournage d’une comédie-musicale, cassant au passage le mur du décor (joli!), ils passent par la cafétéria et en profitent pour faire une bataille de gâteaux avant de finir leur bagarre dans la rue. Culte.

D’autres utilisent ce procédé pour en faire tout un film, comme Spaceballs (1987) dont les personnages visionnent une cassette du film dans lequel ils jouent pour savoir ce qu’il se passe dans le film, une mise en abyme intéressante. Last Action Hero (1993) avec Schwarzie est aussi une mise en abyme et raconte l’histoire d’un enfant qui grâce à un ticket de cinéma magique arrive à entrer dans le film qu’il regarde, dans ce cas c’est Jack Slater IV (un film dans un film) dont il est fan et dont l’acteur principal est Arnold Schwarzenegger. Oui, même ana telfetli. Ce film est en plus bourré de références, les fans de films d’action et policiers seront gâtés.

On retrouve sur le net moult compilations et montages des plus beaux bris de quatrième mur au cinéma, voici celles de Leigh Singer dont la première partie est ci-dessous et la seconde sur viméo en cliquant ici.

 

Quand la pop-culture fait son cinéma

Dans beaucoup d’autres domaines, le quatrième mur est brisé. Contrairement au théâtre, ce mur est physique quand il s’agit de cinéma, de jeux-vidéos, de bande-dessinée ou de littérature (c’est l’écran ou la page). Il y en a moult, mais certains sont très intéressants.

Deadpool406621

Outre le sublime bris des Simpsons cité plus haut, le superhéros Deadpool de l’univers Marvel est un des meilleurs exemples de 4th wall breaking et de plus, un des plus particuliers et des plus pertinents.

Untitled 2Deadpool sans son masque troll Ryan Reynolds qui joue son rôle dans l’adaptation ciné

En effet, l’originalité de Deadpool réside dans le fait qu’il est conscient du fait que c’est un superhéros et que de ce fait, c’est un personnage de fiction. Il discute régulièrement avec les bulles de narration, s’entretient tour à tour avec le dessinateur ou le lecteur, commente l’endroit de l’intrigue où il se trouve. L’endroit, au sens physique du terme, soit le numéro de la case, de la page, ou n’importe quelle référence au contenu direct du support : la bande-dessinée. A la question, « Où sommes-nous ? » il répondra « Bah, page 18 case 4 ! »

Bien qu’il fallait obligatoirement que je cite Deadpool dans mon article, Sarah Beaulieu du webzine métafictions.fr l’a déjà fait et a tout dit. Je n’ai rien à ajouter à part vous inviter à lire son analyse, assez complète.

Mais le pouvoir de Deadpool, cette conscience qu’il a de son statut et son apparente liberté, sont évidemment créés de toutes pièces. Il ne s’agit que d’un procédé narratif qui définit également une partie de la caractérisation du personnage. Et c’est en cela que le pouvoir de Deadpool est troublant et tend à rendre le personnage sympathique, malgré ses accès de violence ou de misogynie. En effet, en réduisant la distance entre le lecteur et Deadpool, le procédé abaisse la barrière entre fiction et réalité et nous laisserait presque croire à une apparition réelle du super-héros au coin de la rue. (…) Deadpool souffre de ses blessures physiques, mais également de sa mentalité instable, dont il est tout à fait conscient, et ses adresses constantes au lecteur, souvent ironiques, lui confèrent presque l’image d’un « bon copain ». Ce personnage psychotique en devient curieusement attachant. La popularité de Deadpool n’a cessé de grimper ces dernières années et c’est cette relation particulière avec le lecteur, produite par l’abolition du quatrième mur, qui semble en être la raison principale. – Sarah Beaulieu, métafictions.fr

Dans Dragon Ball aussi, on en a défoncé pas mal, de cases et e quatrième mur. En voici deux jolis exemples :

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Quand on parle de quatrième mur, on pense rarement aux jeux-vidéos. Le joueur, manette ou souris en main, est, dès le tutoriel de début du jeu par exemple, confronté à un bris de quatrième mur de manière indirecte. Le jeu lui demandant d’appuyer sur telle ou telle touche ne cessera point de le lui rappeler. Logiquement, c’est cela. Mais, car il y en a un « mais ». Vous ne l’attendiez pas celui-là, hein ? Bon, d’accord, j’arrête mes cocasseries.

Mais certains jeux-vidéos à l’image de Metal Gear Solid le font à merveille, d’ailleurs, c’est à ce jeu qu’on doit les meilleurs 4th wall breaking vidéo-ludiques. Dans le premier épisode (1998), juste avant d’affronter un méchant méchant, Psycho Mantis, celui-ci nous déclare qu’il a le pouvoir de lire dans nos pensées, en réalité il arrive à lire les jeux présents dans notre carte-mémoire. Il aurait donc dit à certains « Rak tel3ab Castelvania ya wahed e’tehan ! », dit-on dans des forums de gamers aux pratiques pas très Charlie. Celui-ci vous demandera ensuite de poser votre manette au sol, pour ensuite la déplacer, en la faisant vibrer. Pour vaincre Psycho Mantis, il faudra que le joueur change le port de sa manette et la rebranche dans el port n°2. Classe. Dans ce même jeu, on nous demande d’aller à la recherche d’une fréquence, qu’on trouverait dans une « boite ». Premier réflexe : vérifier l’inventaire, ratisser les alentours, etc. mais le jeu faisait en fait référence au boitier du jeu, sur lequel la fréquence est affichée au dos de celle-ci. Et voici la raison pour laquelle aucun joueur algérien n’a pu finir ce jeu…

Konami récidive dans le deuxième (2001), troisième (2004) et quatrième épisode (2008), dans lesquels, respectivement, le Colonel Campbell ordonne au joueur d’éteindre la console prétextant qu’il joue depuis trop longtemps, ou alors le fait de pouvoir battre un boss en avançant l’horloge interne d’une semaine, ou quand Otacon demande à Old Snake de changer le disque du jeu. Dans le dernier MGS, Ground Zeroes (2014), lors de l’intro, Big Boss regarde la caméra et dit « Je me suis fait attendre pas vrai ? » référence aux 6 ans d’attente avant la sortie de ce nouvel MGS.

Et non, je n’ai pas oublié les séries-tv mais étant très proches des utilisations cinématographiques, je n’ai pas pensé nécessaire d’en faire toute une analyse. Cependant, certaines méritent d’être citées. Malcom ou House of Cards, qu’on ne présente plus, que ça soit la version américaine avec Kevin Spacey ou l’originale, britannique, avec Ian Richardson, cette série arrive à nous rendre complice des manipulations du personnage principal et ce, avec une telle finesse, qu’on regretterait même de ressentir de l’empathie envers les personnages quand ils sont en état de faiblesse ou de se laisser emporter par cet attachement que l’on ressent envers eux lors de leurs plus belles conspirations.

Dans un registre plus comique, même très comique, voire excentrique, dans la série britannique A Bit Of Fry & Laurie, Hugh Laurie et Stephen Fry dont ils sont les créateurs, utilisent le continuellement le bris du quatrième mur dans leurs sketches, très intelligemment et souvent de manière aussi inopinée que calculée. Ils quittent souvent leur personnage, interrompant donc le sketch, pour aller discuter avec le public ou alors, ils montrent le studio ou l’équipe technique de tournage. Une série, légère, absurde et à l’humour british qui sent bon le thé de 16h30, que je ne saurais que recommander.

Bien sûr, ce ne sont pas les seuls et il y a beaucoup d’autres séries, généralement comédies, qui le font plus ou moins souvent dans quelques épisodes. La très bonne série 30 Rock l’a fait, et de bien des manières. On peut en retrouver quelques uns sur cette playist YouTube regroupant de très courtes vidéos où Tina Fey ou encore Alec Baldwin brisent le quatrième mur : petits regards caméra malicieux, monologue humoristique, parler de faux raccord et changer de tenue au plan suivant ou encore référence et critique des placements de produit à la télé. Pertinent et très drôle.

Pour conclure, voilà une compilation des quelques meilleurs 4th wall breaking sur petit écran :

Et c’est sur cette jolie photo mais non moins cocasse de Fry et Laurie, que je vous dis ce qu’InThePanda a comme devise, ciao et « que le cinéma vous guide ! »

 

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Tea-V Time #1 : Detectorists https://wellomag.github.io/tea-v-time-1-detectorists/ https://wellomag.github.io/tea-v-time-1-detectorists/#respond Sat, 10 Oct 2015 19:48:57 +0000 https://wellomag.github.io/?p=1030 Outre le titre en jeu de mots minable, vous avez compris : on parlera séries british. Que les fans de Sherlock et autres Whovian nous laissent tranquilles, ici on parlera de mini-séries, de découvertes ou must-see… ou d’une série hyper-hipster ou que tout le monde connaît (parce qu’on fait ce qu’on veut, huh). En découvrant Andy […]

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Outre le titre en jeu de mots minable, vous avez compris : on parlera séries british. Que les fans de Sherlock et autres Whovian nous laissent tranquilles, ici on parlera de mini-séries, de découvertes ou must-see… ou d’une série hyper-hipster ou que tout le monde connaît (parce qu’on fait ce qu’on veut, huh).

En découvrant Andy et Lance, d’abord avec leurs détecteurs de métaux, sur une ambiance douce et folk signée Johhny Flynn, puis assis, rien que nous-trois, au pied de cet arbre sur cette discussion des plus absurdes mais en même temps d’une sensibilité et d’une justesse qui forcent l’admiration, j’ai directement compris que ces gars-là, durant les 30 minutes que je passerai avec eux, seront mes meilleurs potes.

fvvikzyAndy (Mackenzie Crook) et Lance (Toby Jones) / Episode 1

De scène en scène, ils me présentent leur quotidien, leur vie, leurs proches et autres personnages plus ou moins importants, parfois drôles, parfois tendres et toujours très profonds, très travaillés, très justes.

Ce qui me fait le plus kiffer quand je suis avec eux, c’est quand ils m’embarquent dans leurs conversations totalement atypiques ou absurdes, oscillants entre tendresse et humour, autour d’un café (à la Dale Cooper), d’un déjeuner sur Google Earth ou sur fond de mandoline, ça sera toujours un plaisir d’écouter Lance déblatérer des conneries et de voir Andy le troller avec ironie.

What you got?

Mais Andy n’en est pas une mauvaise personne pour autant. Au physique osseux et au regard mélancolique et fragile mais attachant et sensible, il ne ferait pas de mal à une mouche et aime ses amis mais surtout sa passion, tout autant que Becky, sa petite-amie de longue date. Lance quant à lui est ce magnifique looser dont on adore voir le quotidien, quand il nie maladroitement penser encore à son ex ou quand il nargue gentiment ses pires ennemis, « Simon & Garfunkel ». On les aime, comme ils sont, sans se payer leur tête et en prenant presque au sérieux leur hobby.

A leurs conférences sur les boutons au Danebury Metal Detectorists Club, sur les champs à la recherche du trésor d’un roi saxon ou au Brewers autour d’une bière ou d’un concert en duo, Andy, Lance et leurs amis savent m’émouvoir, me faire rire, m’adoucir et me donner envie, au bout de ces six petites demi-heures passées avec eux, de remplir mon thermos de thé vert, prendre mes bottes et mon manteau kaki et d’aller les rejoindre, réellement.

 


L’EXTRAAA :

  • La série a été sacrée meilleure comédie aux BAFTA awards (équivalent des Emmys mais british).
  • Mackenzie Crook (créateur, scénariste et réalisateur de la série) a reçu un BAFTA pour ses dialogues et l’écriture de la série (Best Writing in a Comedy Series).
  • La non-hipsterisation de la série fait qu’elle est encore disponible sur Youtube en VOSTFR.
  • Must-see annexes de la rédac’ :
    • Marvellous, dernier film de Toby Jones, magnifique acteur toujours pas (assez) reconnu à sa juste valeur.
    • The Office (UK) où joue Mackenzie Crook. Classique. Et si t’as pas encore vu The Office (US), cours putain.

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Ed Wood, ou le paroxysme du «tiri-berk» https://wellomag.github.io/ed-wood-paroxysme-du-tiri-berk/ https://wellomag.github.io/ed-wood-paroxysme-du-tiri-berk/#comments Mon, 07 Sep 2015 16:31:35 +0000 https://wellomag.github.io/?p=160 Il y a 91 ans, une maman ayant pour rêve d’avoir une fille et de l’habiller en enfant modèle, se voit mettre au monde un jeune garçon, qué sapelorio, Ed Wood ; ou le « plus mauvais réalisateur de tous les temps ». Retour sur sa carrière, en hommage à sa sincérité et son enthousiasme malheureux. Si je […]

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Il y a 91 ans, une maman ayant pour rêve d’avoir une fille et de l’habiller en enfant modèle, se voit mettre au monde un jeune garçon, qué sapelorio, Ed Wood ; ou le « plus mauvais réalisateur de tous les temps ». Retour sur sa carrière, en hommage à sa sincérité et son enthousiasme malheureux.

Si je vous dis « Roi du nanar, transsexuel en angora et poulpe mécanique » vous me dites instinctivement Maïté, mais en fait vous vous trompez tout le long.
Acteur-réalisateur-producteur-scénariste, et avec un nom qui en jette autant, difficile de ne pas avoir la cote. Ed Wood, lui, l’a fait, il n’y a pas goûté de son vivant. Ayant passé toute sa vie à essayer de devenir célèbre et faire de « bons » films, ce n’est que plusieurs années après sa mort qu’il sera connu aux yeux du monde entier, au titre peu glorieux de pire réalisateur de l’histoire.

Il vécut son enfance à New York, une enfance très… féminine. En effet, la mère du petit Edward l’habillait en fillette et il y prit goût. Peut-être un peu trop… Dès son plus âge il s’intéresse au cinéma et va régulièrement à la salle de ciné de sa ville de Poughkeepsie, NYC, où il découvre le grand Bela Lugosi (Dracula, 1930) avec qui il liera une belle amitié.Lorsque les Etats-Unis entrent en guerre, il s’engage dans les Marines et devient parachutiste, il sera récompensé d’une médaille pour bravoure.

Début fifties, il part à la conquête d’Hollywood. Après quelques petits jobs d’assistant de plateau et de doublure, il s’essaie au théâtre et à la télévision et réalise quelques courts-métrages de cow-boys, avant de trouver un producteur minable qui lui confie ce qui deviendra l’un de ses plus grands chefs-d’œuvre de série Z : Glen or Glenda.

Culottes pour tous

Si Glen or Glenda est si important pour Ed Wood, ce n’est pas parce que c’est le film qui lancera sa carrière de « Maître du nanar » ou parce que c’est à ce moment qu’il rencontrera Bela Lugosi (20 ans après Dracula) ; mais parce que ce film traite d’un sujet qui lui tient à cœur : la transsexualité.

Le film ayant été un désastre au box-office, remplit tous les critères du nanar : réalisation très négligée, faux-raccords, montage bâclé, certaines images d’archives montées grossièrement et des acteurs peu compétents, ajoutez à cela, les apparitions très floues de Bela Lugosi en scientifique/grand manitou qui « tire les ficelles » sont parfois inutiles ou incompréhensibles.

Techniquement, ça ne vole pas très haut. Mais si le film est d’un chiant incommensurable, il n’en est pas moins courageux, optimiste, voire même louable. Car il fallait être sacrément culotté (le sujet étant difficile et extrêmement tabou à l’époque) pour avouer à un producteur avoir porté des sous-vêtements féminins durant la guerre sous l’uniforme de combat, juste pour le persuader de le laisser faire le film, et d’y incarner (évidemment) le héros. Le pire, c’est que c’est vrai. Le film véhicule un message (très avant-gardiste pour une Amérique de 1953) d’une sincérité, d’une bienveillance et d’une simplicité si naïve qu’elle en devient touchante. Wood, en hétérosexuel tourmenté qui peu à peu prend conscience de sa féminité, pointe du doigt tous les problèmes auxquels font face -aujourd’hui encore- les travestis à l’égard de la société. Il expose dans le film les conflits intérieurs du personnage (Glen/Glenda) qui le taraudent de plus en plus, les réactions que suscitent son travestissement et sa source (qui remonte parfois à l’enfance). L’œuvre est clairement autobiographique et Wood qui, en toute connaissance de cause, nous parle de sa vie, de son expérience dans la quête de soi et le malaise social qui en découle, via un personnage touchant qui tente de donner un peu de répit aux personnes qui, comme lui, peinent à s’identifier, à reprendre espoir et leur donner cette compréhension qu’ils cherchent avec démesure. C’est donc un message, certes maladroit et manquant de crédibilité, mais engagé et (très) pertinent sur la tolérance vis-à-vis des minorités sexuelles de l’époque, dans une société qui les méprise, les oppresse et les moque. Malheureusement pour Ed, c’est l’inverse qui se produisit au fil des années, il sera moqué ainsi que son œuvre, discréditant tous les bienveillants messages qu’il aura tenté de faire passer.

 

Tout en freestyle

Perdant en crédibilité, c’est probablement pour cela qu’il se tourne vers un genre plus soft, le western. Après un énième projet télé, il réalise Jail Bait en 1954, dans lequel jouera un certain Steve Reeves, qui connaîtra la gloire quelques années plus tard en Italie, dans le rôle d’Hercule.

En 1956, Wood se lance dans l’épouvante et réussit à réunir une vraie équipe de choc pour son principal second film, Bride of the Monster. Au casting donc, tenez-vous prêts : Un Bela Lugosi en scientifique machiavélique, un Tor Johnson très balafré (célèbre catcheur avant le film), une jeune actrice inexpérimentée rencontrée par hasard qui tiendra le rôle principal en échange d’un –maigre- investissement (ce qui d’ailleurs coûte à Ed son mariage, puisque sa femme devait avoir le rôle) et enfin, le fils du directeur d’un abattoir. Car Wood, ne trouvant personne pour financer son projet a fini par obtenir l’argent… d’un boucher industriel, qui demanda en retour de finir le film avec une énorme explosion et que le fils ait un rôle principal en échange de l’argent… « Deal ! »

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C’était donc parti pour du grand n’importe quoi. Je vous épargne toute analyse ou critique du film, je ne ferai que préciser que Wood, grand ambitieux qu’il est, ne tournait les scènes qu’une seule fois. Oui monsieur. Ça donne Lobo (le monstre, joué par Tor Johnson) qui fait trembler les murs en carton du studio en passant une porte, Bela Lugosi qui loupe sa réplique (au lieu de dire « Lobo est aussi doux qu’un chaton » -as gentle as a kitten- il dit « aussi doux qu’une cuisine » – a kitchen…) mais on s’en fout, on garde ! Et que dire de la scène finale (ça spoile mais ça m’étonnerait que vous projetiez de le voir), quand le professeur se fait dévorer par sa pieuvre géante… qui ressemble plus à un tas de tuyaux inertes. Ayant volé emprunté la pieuvre mécanique dans un studio de production, l’équipe avait oublié le moteur actionnant les tentacules, ce qui donne un Bela Lugosi (ou plutôt sa doublure très, TRES ressemblante visiblement) qui hurle en… en faisant bouger les tentacules lui-même, avec ses bras, avec ses propres bras… tout en s’engouffrant dans l’eau. Saisissant. Et c’est ainsi que surgit l’explosion incroyable, vraiment incroyable, pile là où le professeur se fait dévorer. Vraiment pas de chance ce professeur. Et pour plus de réalisme, Ed Wood ajoute au montage des images d’un poulpe dans un aquarium. Mind = Blown.

Si je devais recommander ce film, ce ne serait que pour la scène finale, pour laquelle j’ai culpabilisé d’en avoir eu un fou rire. Car, paradoxalement, si on regarde le film pour s’en moquer, on ne se marre pas autant qu’on ne l’imagine, le film est malheureusement pas assez raté, ce qui fait que son intérêt est moindre. C’est ça l’effet Wood. Malgré toutes ces « erreurs » et le fait d’avoir été plus ignoré au box-office que le « r » de Marlboro, ce film fait partie des rares œuvres d’Ed Wood à avoir rapporté de l’argent.

Plan 9, et une place dans l’histoire

Des extraterrestres, à la civilisation mille fois plus avancée que celle des humains, soupçonnent ces derniers de vouloir créer une bombe atomique menaçant de détruire le soleil et tout le système solaire. Pour les en empêcher, ils décident de lancer le Plan 9 : aller sur terre, « voler » quelques humains, redonner vie à quelques morts et revenir à la maison, et hourra youplala, le monde sera sauvé de ces terrrribles êtres humains très méchants et pas gentils du tout. Mais en fait non.

Bon, voilà le pitch. Balaise. Mais en réalité le film n’est pas si mauvais que les précédents ; les acteurs sont corrects, les effets spéciaux maîtrisés et une réalisation totalement revisitée… Nah j’déconne, ce film est incroyablement badassement ridicule. Là aussi, rien n’est correctement ficelé, sauf les assiettes soucoupes volantes, car oui, on distingue les fils. Le jeu des acteurs est bâclé à l’extrême, certains se cassent la gueule en plein milieu de leur scène, mais notre Woody n’aurait pas eu l’intention de couper, il ne pouvait quand même pas leur faire ça.

L’argent qu’Ed Wood a réuni pour la production du film -car oui il a quand même réussi à en trouver- provient de prêtres d’une église baptiste. Ces derniers souhaitaient réaliser une série de films religieux mais n’avaient le budget pour n’en faire qu’un, Wood les convainc que le film fera rentrer tellement d’argent qu’ils pourront faire autant de films religieux qu’ils le veulent. En retour les acteurs se sont tous fait baptisés pour le film. Aussi farfelu que cela puisse paraître, c’est totalement vrai.

Wood voyait en ce film sa plus belle œuvre, il y a mis tous les moyens nécessaires. Malheureusement, deux ans après sa mort il fut « honoré » au titre du pire film de tous les temps par Michael et Harry Medved dans leur livre The Golden Turkey Awards en 1980. Dans le film de Burton, Wood se dit « C’est celui-là. C’est le film pour lequel on se souviendra de moi ». Cette phrase, dans son ironie la plus cruelle, est à l’image de la vie d’Ed Wood. Eternel passionné, incompris, il réussira à se faire un nom dans le milieu du cinéma mais certainement pas comme il l’imaginait. Mais surtout, il réussit à créer cette magie, qui fait que l’on ressent dans cette mare de médiocrité une poésie involontaire et sincère qui nous attendrit, nous inspire.

Tim Burton, Ed Wood : même combat ?

Les deux réalisateurs se ressemblent. Ils n’ont pas qu’en commun leur amour inconditionnel pour le septième art, mais aussi, leur passion. Ed Wood n’ayant certainement pas le talent de Burton aujourd’hui, il aura au moins le mérite d’avoir continué à rêver jusqu’à sa mort, de faire ce qu’il a toujours voulu faire : des films. Non pas pour l’argent, mais par amour pour le cinéma. Et ça, c’est quand même cool, et devenu rare de nos jours.

Tim Burton à propos d’Ed Wood dans la revue Positif : « Ce qui est important c’est le processus créatif et le plaisir qu’on y prend. Il faut accorder ça à Ed Wood (…). Il est rare de rencontrer à Hollywood des gens qui sont simplement heureux de ce qu’ils font sans se soucier des ramifications ou des conséquences, de ce que le studio va penser ou de ce que sera le box-office ».

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Ed Wood représente en quelque sorte ce que le cinéma a de plus beau, et c’est cela qui a inspiré Tim Burton à réaliser son film hommage, oscillant entre biopic et fiction. Ayant été un flop commercial à sa sortie en 1993, le film reste encore peu connu mais est assurément un des meilleurs de Burton, emmené par un Johnny Depp (Wood) et un Martin Landau (Lugosi) franchement exceptionnels.

Burton nous montre derrière un personnage doux, passionné et attachant la détermination de Wood, parfois obsessionnelle, à conquérir le septième art, mais aussi l’industrie du film et Hollywood qui laissent de moins en moins place aux rêves. Burton a ajouté quelques scènes fictives à son scénario, comme la rencontre entre Wood et Orson Welles (Citizen Kane, 1940), son idole de toujours, dans laquelle ils parlent de façon très profonde du sens de la vie, ou la fin (alerte spoil) en happy ending, qui montre Wood arriver à l’avant-première de Plan 9, accueilli en héros sous les applaudissements de centaines de personnes, comme pour le féliciter d’avoir résisté aux critiques et à la machine hollywoodienne et d’avoir su garder sa sincérité et sa passion. Une passion qui inspire, qui perdure, mais qui n’est éternelle que si elle est comprise.

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Je finirai en citant ce qu’Orson Welles a dit à Wood lors de leur rencontre dans le film de Burton :

« Ed, visions are worth fighting for. »

 

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C’est un oiseau ? Un avion ? Non, c’est Moul El Djellaba ! https://wellomag.github.io/cest-un-oiseau-un-avion-non-cest-moul-djellaba/ https://wellomag.github.io/cest-un-oiseau-un-avion-non-cest-moul-djellaba/#respond Mon, 07 Sep 2015 11:07:12 +0000 https://wellomag.github.io/?p=849 En amont de paysages gracieux ou entre les ruelles sombres des vieux quartiers, en solitaire ou accompagné de son épouse toute de blanc vêtue, il va contre vents et marées à la rescousse de son patrimoine perdu, surplombant villes et montagnes et affublés, elle, d’une longue étoffe de soie, et lui d’un long manteau de […]

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En amont de paysages gracieux ou entre les ruelles sombres des vieux quartiers, en solitaire ou accompagné de son épouse toute de blanc vêtue, il va contre vents et marées à la rescousse de son patrimoine perdu, surplombant villes et montagnes et affublés, elle, d’une longue étoffe de soie, et lui d’un long manteau de laine couvrant son visage, appelé Djellaba.

Comme la plupart des super-héros, Moul El Djellaba est masqué et a une double identité. Lorsqu’il n’est pas au secours des plus « aveuglés par la modernité », la Djellaba au vent, ou à la rencontre d’autres artistes, il s’appelle Badreddine Debba et est photographe, comme un certain Peter Parker.

La raison pour laquelle la réelle identité de Moul El Djellaba est d’être photographe n’est pas anodine, elle est essentielle. Car l’existence même de Moul El Djellaba repose sur ce fait.

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Tel un B. Wayne orphelin, il n’a pas de réel super-pouvoir mais n’a pas de réelle fortune non plus. C’est ballot mais c’est comme ça. Et puis, il n’en a pas vraiment besoin car ce que fait Moul El Djellaba, c’est errer, exister. Et c’est tout ce qu’il lui faut pour sensibiliser, pour tenter de sauver son patrimoine et pour ajouter une pierre à l’édifice que représente la culture de son pays.

Moul El Djellaba a commencé son périple à travers les paysages algériens il y a maintenant trois ans. Les débuts ont été difficiles car rejeté par les siens à cause de son affublement aujourd’hui boudé et démodé, il décide de déserter, visage masqué, à la recherche de son identité perdue. Sa Djellaba, « synonyme de sagesse, car portée par les cheikhs et les savants, symbole de résistance car prisée par les moudjahidines », est au centre de sa quête et symbolise son dévouement aux coutumes d’antan et son envie d’apporter un plus à sa culture, en interrogeant, de son art, la société algérienne à propos de ses traditions et son patrimoine à peine protégé.

Si on voit notre culture comme un trésor, ou un super-pouvoir pouvant sensibiliser, interroger, apaiser les mœurs ou affirmer une identité ; alors forcément, il y aura des forces maléfiques qui essaieront de la détruire, de la manipuler à leur guise, une kryptonite. Pour les contrer, il faut à cette culture un protecteur, et pour Moul El Djellaba, le protecteur, c’est le peuple. Les artistes, les savants, les écrivains. Et dont il est, peut-être, le protagoniste, le porte-drapeau, ou dans ce cas-là, le porte-djellaba. (J’avoue elle était facile).

L’art de Moul El Djellaba c’est d’exister. Tel une « Ombre qui marche », tel Le Fantôme, au milieu des champs, au dessus des rochers ou en haut des buildings.

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Et comme tout super-héros qui se respecte, il a une fidèle compagne, Moulet el Hayek, symbole de l’importance qu’a la femme dans la société. Leur plus profond désir à eux deux, remonter le temps et vivre dans un pays qui n’est pas en mal de ses repères identitaires. Utopie, certains commenteront…

A l’image de Thor, de Hulk ou de leurs petits copains, Moul El Djellaba a aussi ses « Avengers ». Dans la deuxième partie de son périple, il va à la rencontre de ses amis artistes, ces « héros » qui font vivre la culture algérienne de leur art. Des noms faits pour figurer dans de vrais comics : L’Homme jaune, El Moustache, la troupe Istikhb’art pour ne citer qu’eux.

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Jusque-là, c’est beau, c’est mignon, c’est louable. Mais en fait… mais en fait c’est tout à fait ça, sauf que comme toute bonne aventure de super-héros, faut bien qu’un vilain méchant vienne s’en mêler. Et ce n’est pas pour rien qu’au troisième chapitre de sa quête, Moul El Djellaba fera face à un ennemi : lui-même. (Oui, un peu comme Spiderman et Venom).
Il va « muer et se transformer en une sorte de monstre (…) qui se retournera contre lui, ne le laissant plus avancer, lui effaçant la mémoire, le sombrant dans la tristesse ». Symbole de cette modernité qui s’installe irrépressiblement dans nos vies chaque jour, laissant nos traditions, comme toute chose qui n’est plus de son temps, aux oubliettes.

 

 

Oui ? Qu’entends-je ? La Batmobile de Moul El Djellaba ? Bah c’est vous. Suffit de le suivre sur sa page, de partager ses photos et vous le verrez arpenter les murs de vos profils comme seul Spider-cochon saurait le faire.

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